La maladie de Parkinson est-elle le résultat d’un épuisement des cellules?

Il est possible que la maladie de Parkinson soit le résultat d’une surcharge extrême de certaines cellules du cerveau. Ces cellules ont besoin d’une quantité d’énergie inhabituellement élevée pour remplir leur fonction, qui est de contrôler nos mouvements. La crise énergétique entraîne une surchauffe des cellules et finit par les faire brûler.

La maladie de Parkinson est peut-être le résultat d’un épuisement des cellules

Ce processus est la découverte d’une nouvelle étude  menée par l’Université de Montréal au Canada et publiée dans la revue Current Biology. Le premier auteur de l’article est Louis-Éric Trudeau, professeur de pharmacologie et de neurosciences, qui a passé les 17 dernières années à étudier la partie du cerveau impliquée dans le développement de la maladie de Parkinson, de la schizophrénie et de la dépendance.

Selon M. Trudeau, “comme un moteur qui tourne constamment à plein régime, ces cellules nerveuses doivent produire en permanence une quantité incroyable d’énergie pour fonctionner. Il semble qu’ils se surchargent et meurent prématurément en conséquence”.

Il espère que ces connaissances lui permettront de mieux simuler la maladie de Parkinson dans des modèles animaux et ouvriront la voie à de nouvelles approches thérapeutiques. M. Trudeau souligne qu’il est actuellement extrêmement difficile de reproduire les symptômes de cette maladie chez les souris – même si des gènes humains sont insérés dans le génome des souris.

Grâce aux nouvelles découvertes et aux possibilités qui y sont associées, de nouveaux médicaments pourraient être développés pour aider ces cellules cérébrales à réduire leur consommation d’énergie ou à rendre leur conversion énergétique plus efficace. Cela permettrait de réduire les dommages aux cellules qui se produisent pendant le processus énergétique. C’est une idée que le groupe de recherche poursuit déjà activement.

La maladie de Parkinson est pathophysiologiquement basée sur la destruction de cellules cérébrales dans des régions spécifiques du cerveau, comme la substantia nigra. Les cellules nerveuses touchées par la maladie libèrent physiologiquement le neurotransmetteur dopamine – un émetteur qui régule les mouvements, les réactions émotionnelles et d’autres fonctions chez l’homme.

Plus la maladie progresse, plus la production et la libération de dopamine cessent. En conséquence, de plus en plus de symptômes tels que les tremblements, la bradykinésie, la rigidité et l’instabilité posturale apparaissent. Symptômes qui restreignent fortement le patient et lui rendent de plus en plus difficile de marcher, de parler, de se nourrir ou de mener une vie normale en général.

Les mitochondries sont stressées jusqu’à l’effondrement

Depuis 3 ans, l’équipe étudie la raison pour laquelle les mitochondries des régions du cerveau touchées par la maladie de Parkinson travaillent si intensément et donc surchauffent. D’une certaine manière, les mitochondries sont les centrales électriques de nos cellules. Ils produisent toute l’énergie dont la cellule a besoin pour se développer, pour remplir ses fonctions et pour déclencher des signaux.

Au cours de leurs travaux, les chercheurs ont remarqué que les cellules des régions cérébrales touchées ont une structure très complexe. Ils possèdent de nombreuses extensions et sites où les neurotransmetteurs peuvent être libérés. L’équipe soupçonne que cette complexité est la raison pour laquelle les cellules ont un besoin énergétique si élevé.

Selon le professeur Trudeau, ses découvertes soutiennent l’idée que ces neurones très complexes font fonctionner leurs mitochondries à un niveau bien trop élevé pour répondre à leurs énormes besoins énergétiques. Cette théorie expliquerait la décomposition accélérée des cellules.

Trudeau explique : “Pour rester avec l’exemple du moteur : une voiture qui surchauffe consomme beaucoup plus de carburant et, sans surprise, se retrouve plus souvent au garage.

Avec l’âge, la structure complexe des cellules semble leur être de plus en plus fatale, car elle peut les rendre plus vulnérables – elles sont plus susceptibles de dysfonctionner et de mourir plus tôt. Un mécanisme qui peut alors éventuellement déclencher la maladie de Parkinson, une maladie de la vieillesse.

Comme l’espérance de vie dans cette région augmente, le besoin de nouvelles méthodes de traitement pour les maladies neurodégénératives comme la maladie de Parkinson s’accroît également. explique Trudeau :

“D’un point de vue évolutif, certains de nos neurones peuvent simplement ne pas être conçus pour fonctionner pendant 80, 90 ou même 100 ans. Il faut partir du principe que certaines parties de notre corps sont moins capables que d’autres de résister aux effets du temps”.

Toutefois, comme seule une très petite partie du cerveau est touchée par la maladie de Parkinson, il garde l’espoir qu’une nouvelle méthode de traitement efficace sera trouvée le plus tôt possible.